Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Parole de fin politique. De l’ancien monde certes, mais qui aujourd’hui encore inspire nombre de partis et de politiciens de premier plan.
Les commentateurs ont déjà posé le décor : la campagne des élections européennes sera un affrontement entre les libéraux et les populistes. Et attention populiste est un gros mot.
C’est évidemment le match rêvé pour Macron qui se pose en rempart contre le populisme.
Le porte étendard des libéraux et ultralibéraux nous prépare une campagne où la mondialisation sera heureuse. Dormez en paix je vous protègerai. Et arrêtez de vous plaindre.
Le « There is no alternative » de Margaret Thatcher repris par Macron, même entouré de danseurs de la scène électro en short, ça devrait faire vieux monde, mais dans un décor de Start-Up nation, c’est tendance.
Dans l’autre camp sans aller jusqu’au Frexit -forcément salvateur- de l’UPR de François Asselineau, on va nous vendre du bras de fer et du plan B car c’est bien connu l’Europe est la mère de tous les maux et la France de Robespierre va renverser la table.
Pro européens contre anti européens donc.
Ca c’est le débat polémiste que certains voudraient mettre en scène. Nouvelle Donne n’y a pas sa place.
Nous sommes européens. Pas béats. Conscients des manques et des tares de l’UE. Avec la volonté de changer ce qui peut l’être. Ce qui doit l’être. Et de faire ce qui est déjà possible dans le cadre actuel.
En instrumentalisant un match : populistes contre responsables, Macron reste sur sa ligne, plus de droite, plus de centre, plus de gauche. Ratisser large. Pas de chance Nouvelle travaille à l’union « des gauches ».
C’est quoi un européens de la gauche dont nous nous revendiquons. Et quelles différences avec un européen libéral adepte de la mondialisation qu’il n’est plus possible de nommer de droite depuis que le PS s’en est fait le chantre zélé.
Avec d’autres, à gauche –et sans doute aussi au centre- nous devons porter le débat sur un programme dans les domaines notamment du dérèglement climatique, de l’agriculture et de l’alimentation, de la diplomatie, des relations commerciales avec les autres pays du monde et des migrations, traitées politiquement et pas seulement moralement.
La liste n’étant évidemment pas exhaustive, nos groupes de travail s’y attèlent.
Pour faire œuvre de pédagogie, je souhaiterais que les propositions que portera la liste d’union –à laquelle Nouvelle Donne travaille sans relâche- soient classées en fonction de 3 critères:
– ce que les traités actuels permettent
– ce qu’il est possible de faire avec des transformations ne nécessitant pas l’unanimité
– ce qui réclame l’unanimité, et est donc assez inenvisageable.
Plus prosaïquement on pourrait voir ça comme de la publicité comparative des programmes.
Ca demande du temps.
Et en politique il est plus facile de vaincre que de convaincre.
Ne pas faire rêver l’électeur de gauche, c’est prendre le risque de ne pas beaucoup mobiliser. Car bien qu’ils se déclarent déçus par les politiques qui ne tiennent pas leurs promesses, parfois intenables, ils continuent de rêver au grand soir.
Parler vrai pour redonner confiance aux citoyens dans la politique. Ou plus exactement dans le personnel politique.
Finalement, faire de l’éducation populaire dans une campagne électorale. L’ambition de tant d’associations, proches par les idées mais si distantes et méfiantes du parti politique qu’est Nouvelle Donne.
L’union des gauches progressistes devra dépasser les partis politiques et convaincre ces associations.
Car moins de 8 mois du scrutin de 2019 se dessine la menace d’une Europe ultra libérale avec des partis aux extrèmes en position de force. La peste et le choléra. Et inversement.